Le survivalisme

Mad Ma(r)xMad Ma(r)x

 

La fin du monde est proche !!!!

Catastrophes naturelles, guerres civiles, conflits militaires, hordes de migrants terroristes ou de zombies, dictature fédérale fasciste ou tyrannie communiste, autant de menaces qui pèsent sur nos existences et auxquelles il faut se préparer si on veut survivre au monde de demain, celui de Mad Ma(r)x. S’enfermer dans un bunker avec des vivres, des armes et beaucoup de munitions, ou vivre dans la nature comme nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs, telles sont les solutions proposées par le survivalisme.

 

Bon, maintenant que nous avons fait la liste des clichés idiots, intéressons-nous à ce que sont réellement le survivalisme et ses adeptes, les survivalistes.

Un survivaliste est un individu qui se prépare à affronter diverses situations de crise, non pas pour y survivre à tout prix et de façon égoïste, mais pour pouvoir se mettre en position de continuer à vivre de manière acceptable et d’aider ses proches à faire de même.

masque à oxygène

Masques à oxygène

Lorsqu’on prend l’avion, on a systématiquement droit à une démonstration de l’hôtesse ou du steward, qui explique notamment qu’en cas de dépressurisation de l’appareil des masques à oxygène tomberont du plafond devant chaque passager. Et dans le cas précis où votre voisin aurait du mal à enfiler son masque, on vous montre qu’il ne faut surtout pas vous précipiter pour l’aider.

Au contraire, il faut commencer par mettre calmement votre propre masque, puis aider votre voisin à mettre le sien. En effet, si vous commencez à aider les passagers qui paniquent avant de vous occuper de vous, vous prenez le risque de manquer d’oxygène vous aussi, et de ne plus être en mesure d’aider qui que ce soit, y compris vous-même. Il en va de même du survivaliste : comment pourrait-il aider son voisin s’il n’est pas lui-même préparé à affronter l’événement qui les frappe tous les deux ?

 

 

Les événements auxquels les survivalistes se préparent sont nombreux et variés : accidents, catastrophes naturelles, crises économiques lourdes, conflits armés… Nous nous intéresserons plus précisément dans cet article aux événements qui relèvent de l’effondrement de la normalité, quelle qu’en soit la raison.

Il s’agit d’une rupture, souvent brutale et parfois violente, de notre mode de vie. C’est lorsque les magasins ne sont plus approvisionnés, que les services publics sont défaillants (transports, santé, forces de l’ordre, distribution d’eau et d’énergie…), que l’environnement devient hostile. Parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, de telles crises le sont d’autant moins.

Rivière la Crise (Aisne)

Rivière la Crise (Aisne)

Dans de telles situations, le survivaliste a pour objectif d’être capable de survivre et de protéger ses proches. Non seulement face à cette rupture de la normalité, mais aussi face au comportement de prédateur que pourraient montrer ceux qui hier encore étaient des voisins anonymes, plus ou moins calmes et pacifiques. Car quand des quidams sont capables d’accès de sauvagerie quand il s’agit de profiter des soldes, de quoi seront-ils capables le jour où l’eau, la nourriture et les médicaments viendront à manquer ? C’est là qu’intervient la notion de défense personnelle et le sujet sulfureux des armes.

Voici en vidéo ce qu’en dit Vol West, survivaliste devenu une référence francophone en la matière : lesurvivaliste – Quand tout va mal. Bien entendu ce n’est qu’un des aspects du survivalisme parmi tant d’autres : permaculture, stockage alimentaire, soin et hygiène, évacuation… Vous pourrez approfondir ces aspects du survivalisme en visionnant par exemple les nombreuses vidéos de Vol West classées par thème dans les playlists de sa chaîne YouTube. En effet tous les aspects de notre vie quotidienne sont impactés dans une situation d’effondrement de la normalité.

 

 

Et si de telles situations vous semblent irréalistes dans notre monde moderne et dans nos grands pays civilisés, malheureusement les exemples sont faciles à trouver.

La Nouvelle Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en 2005

Ouragan Katrina (catastrophe naturelle, USA, 2005). Accident nucléaire de Fukushima (catastrophe naturelle + accident industriel majeur, Japon, 2011). Conflits de Yougoslavie (conflits militaires, Yougoslavie, 1991 à 1999). Catastrophe nucléaire de Tchernobyl (accident nucléaire majeur, URSS, 1986)… Autant de grands pays, puissants et modernes, qui ont connu sur une partie de leur territoire un effondrement brutal et violent de la normalité dans notre histoire moderne.

Voici une petite vidéo qui illustre comment on peut basculer en peu de temps d’une petite vie tranquille que rien ne semble pouvoir perturber, au chaos : Most Shocking Second a Day Video.

 

Face à une telle épreuve, quelles sont les solutions apportées par les survivalistes ?

La maison de campagne, une BAD en puissance

La maison de campagne, BAD en puissance

 

Pour (sur)vivre dans les meilleures conditions possibles, il faut un environnement adapté. C’est la Base Autonome Durable (ou « BAD »). Il s’agit généralement d’un lieu capable d’abriter une communauté plus ou moins importante et d’offrir à ses membres l’essentiel à une (sur)vie durable dans de bonnes conditions. S’abriter des intempéries, boire, se nourrir, se maintenir en bonne santé… Selon Piero San Giorgio, auteur de « Survivre à l’effondrement économique » (lien en fin d’article), la BAD doit être capable de répondre à 7 besoins élémentaires : fournir de l’eau potable, produire de la nourriture, maintenir l’hygiène et la santé, produire de l’énergie, conserver et diffuser la connaissance, garantir de bonnes conditions de défense, et tisser et maintenir du lien social au sein de la communauté qui y vit et avec ses voisins.

Le garde-manger d'un prepper : "Je stocke ce que je mange et je mange ce que je stocke."

Le garde-manger d’une BAD: « Je stocke ce que je mange et je mange ce que je stocke. »

Le survivaliste va s’efforcer de profiter de la stabilité relative de notre environnement actuel (je m’adresse là à ceux qui ont la chance, comme moi, de vivre en étant pour l’instant épargnés par les fléaux évoqués plus haut) pour préparer cette BAD afin qu’elle soit opérationnelle si jamais un effondrement de la normalité devait survenir. Et également pour se préparer lui-même.

 

 

Mais la BAD n’est pas la « solution universelle ».

Certains événements peuvent survenir qui obligent le survivaliste à l’évacuer. Ou à quitter sa résidence principale pour rejoindre sa BAD. Dans ce cas, pas de panique : le survivaliste a préparé son sac d’évacuation (ou « BOB », pour « Bug Out Bag »). Ce dernier lui permet de se mettre rapidement en condition de survivre hors de chez lui, voire en milieu hostile, pendant quelques jours (le temps de rejoindre sa BAD par exemple).

Un exemple d'EDC

Un exemple d’EDC

Exemple de contenu d'un sac d'évacuation

Exemple de contenu d’un sac d’évacuation

 

 

 

 

 

 

 

Et s’il est confronté à un événement moins grave et lourd qu’un effondrement de la normalité, être par exemple victime ou témoin d’un accident, le survivaliste utilisera son « EDC » (« Every Day Carry », le matériel qu’il porte sur lui en toutes circonstances) pour, là aussi, se mettre en position d’affronter cette situation dans les meilleures conditions possibles. Et d’apporter son aide si nécessaire.

Cependant il ne faut pas perdre de vue que le survivalisme n’est pas une simple accumulation de matériel. C’est avant tout une préparation basée sur des connaissances, un entrainement, l’expérience. Bref, le survivalisme, c’est avant tout un mode de vie, un état d’esprit.

 

Et cet état d’esprit, combiné aux conditions dans lesquelles les citoyens des « pays civilisés » vivent aujourd’hui, a donné naissance à une autre forme de survivalisme : le néosurvivalisme.

Dans de nombreux pays à travers le monde, un état omniprésent répond à un grand nombre de besoins, mais apporte également un grand nombre de contraintes. Par ailleurs, la société de consommation y impose de façon plus ou moins subtile des modes de vie malsains pour l’esprit comme pour le corps.

jardin potager

Le jardin potager, un pas vers l’autonomie alimentaire

Face à ces problèmes, des citoyens se sont inspirés du survivalisme dans l’idée de vivre de façon plus saine et indépendante au sein d’un tel environnement. Les néosurvivalistes, ou « preppers », visent un idéal d’indépendance et d’autonomie par rapport au « système », tout en respectant ses lois. L’objectif est globalement le même que pour les survivalistes. À l’exception qu’il ne s’agit pas nécessairement d’une préparation à une rupture de la normalité. Le prepper recherche la liberté et l’autonomie face à une « normalité » malsaine et contraignante. Et face à la dépendance vis-à-vis de la société de consommation dans laquelle on achète aujourd’hui ce dont on besoin ou  envie aujourd’hui car on sait qu’on pourra acheter demain ce dont on aura besoin ou envie demain.

 

Pour approfondir ce sujet, je vous invite à faire vos propres recherches sur le net.

Et pour bien débuter, je recommande vivement le blog de Vol West ainsi que sa chaîne YouTube, qui sont des sources extrêmement riches d’informations et de conseils sur le survivalisme :

http://lesurvivaliste.blogspot.fr/

https://www.youtube.com/channel/UC38_Fg9HQ5HsPHX6U5y239g

Par ailleurs, j’ai trouvé le 1er ouvrage de Piero San Giorgio, « Survivre à l’effondrement économique », particulièrement intéressant. Outre le constat qu’il fait au début du livre sur l’effondrement inévitable du petit monde confortable dans lequel je vis (et vous aussi j’espère), il expose avec une grande clarté les solutions qu’il propose pour y survivre.

http://piero.com/default/15/A_propos_du_livre

 

Et pour finir, quelques informations qui devraient vous convaincre de vous intéresser à ce sujet.

  • L’autonomie alimentaire de Paris est estimée à 3 jours. Au bout d’à peine 3 jours sans approvisionnement, il n’y aura plus rien à manger dans notre capitale !
  • Lorsque l’ouragan Katrina s’est abattu sur la Louisiane, 80% du personnel des forces de l’ordre ont choisi d’aller protéger leur famille plutôt que d’accomplir le devoir lié à leur profession (source : livre « Rues Barbares », de Vol West et Piero San Giorgio).  Ne croyez donc pas que votre gouvernement sera toujours là pour vous sortir du pétrin (certains sont même déjà bien occupés à nous y fourrer !).
  • Paranoïaques, les survivalistes ? Certainement pas, puisque les gouvernements eux-mêmes sont préparés (plus ou moins bien) à faire face à de telles situations (guerres, épidémies, catastrophes naturelles ou industrielles…). Qui plus est ils invitent leurs citoyens à s’y préparer : http://www.risques.gouv.fr/risques-majeurs/anticiper-une-situation-durgence-1/avoir-un-kit-durgence .
  • Un témoignage de ce qu’est la vie de tous les jours dans un contexte d’effondrement de la normalité à travers l’exemple de la Bosnie entre 1992 et 1995 : http://www.gouvernement.fr/risques/anticiper-une-situation-d-urgence.

 

Bon, je vous laisse, il faut que j’aille acquérir de quoi enrichir mon BOB, qui se compose à l’heure où j’écris ces lignes d’un sac en plastique, une bouteille d’eau, et une banane. Pardon, une demi-banane (ça donne faim d’écrire).

 

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